Je me permets de ressortir ce vieux sujet pour apporter mon expérience personnelle. De ce que j'ai compris en parcourant tout le sujet, c'est que la situation diffère d'une région à l'autre.
Mon cas porte sur l'Indre-et-Loire (37), ce qui est assez intéressant, dans la mesure où on se trouve dans une région très portée sur le volley avec l'influence du TVB. Avec un tel club dans le département (mais pas seulement, on a également Joué et Saint Cyr qui ont des équipes en nationale), plus la proximité de Poitiers ou d'Orléans, on pourrait croire que le volley fédéral vit bien.
Eh bien, il n'en est rien ! Dans le 37, le championnat départemental senior comptait en tout et pour tout 5 équipes. La saison passée, il y en avait 6, mais une hors département (Vendôme, 41) et 2 du même club. Pour y avoir joué pendant 2 ans, je peux vous dire qu'il y a 5 saisons, ce championnat comptait 10-12 équipes.
Soit donc maintenant une dizaine de matchs dans la saison, pour une licence qui coûte (au TVB) la "modique" somme de 150 € environ.
Pour la section Loisir, c'est pas mieux : vous enlevez 20 €, avec interdiction de faire de la compétition. Cette licence augmente grosso modo de 5 € par an. Cette saison, il y avait en gros 20 joueurs/ses, mais l'an passé, ils étaient 6. Et donc, pour 125 €, ils ont eu le droit de faire... du 3x3 toute la saison ! Super...
D'autant que le souci, c'est que la plupart des joueurs du loisir ont un niveau "bâtard" : ils ont une technique suffisante pour vouloir faire de la compétition plutôt que de la "baballe" en loisir, mais pas suffisamment pour espérer faire autre chose que du banc en départementale.
Le volley dans le 37, c'est mort, alors ? Pas du tout !
Car de l'autre côté, on a les fédérations Ufolep et FSGT qui se sont associées depuis 15-20 ans je crois, pour proposer un championnat départemental en commun reposant sur le principe de la convivialité. Le résultat, c'est une compétition en croissance constante. L'an dernier, le championnat a regroupé pas moins de
52 équipes, issues de 25 clubs différents et réparties sur 5 poules de niveau, de A à E. Soit a priori un des plus gros championnats départemental du pays.
Le fonctionnement global : jeu en 6x6 avec possibilité de jouer à 5 (pour limiter les reports/forfaits), équipes mixtes possibles mais non obligatoires (autant dire qu'en A, il n'y a que des équipes masculines, avec un niveau de régional, voire limite de national pour les meilleures, où on retrouve certains anciens pros, et en E, beaucoup plus de filles et de débutants), sur filet masculin senior, arbitrage par l'équipe recevante, et un petit buffet d'après-match. En fin de saison, les deux premiers montent, les deux derniers descendent.
Résultat, on a un championnat étoffé avec en gros 20 matchs dans la saison, un niveau adapté à tous les joueurs "de la base" (notamment à ceux que j'évoquais avant, pas assez "bons" pour jouer en départementale, mais suffisamment pour avoir envie de faire de la compétition), une "proposition géographique" large (même les joueurs qui ne sont pas sur Tours peuvent trouver un club pas trop loin de chez eux), et une compétition adaptée à toutes les ambitions : ceux qui évoluent en poule E cherchent avant tout le plaisir de jouer sans se prendre la tête, alors que ceux qui évoluent en poules A ou B se fixeront des objectifs de maintien ou de montée.
Et enfin, le coût : je joue à l'ESO (Notre Dame d'Oé), et le prix de la licence, qui n'a pas bougé depuis 3 ans, est de 68 €. Si elle augmente la saison prochaine, ce ne sera que pour passer à 70 €, soit la moitié de la licence TVB, que ce soir loisir ou départemental. Et on est a priori un des clubs les plus chers (les autres tournant le plus souvent à 50-60 €).
Forcément, pour les joueurs, le calcul est vite fait, qu'ils soient en départementale ou en loisir : pour moitié moins cher, ils feront au moins le double de match, dans une ambiance conviviale, et parfois plus près de chez eux. Mais pour les équipes également : si le championnat départemental ne compte plus que 5 équipes, c'est aussi parce que des clubs qui jouaient auparavant en fédéral se sont engagés en Ufolep-FSGT, beaucoup plus souple (et moins onéreux) point de vue administratif : on a au moins 5-6 équipes qui évoluaient avant en fédéral, et qui en ont eu marre de la rigueur imposée aux clubs, jugée étouffante.
Attention, je ne dis pas que tout est parfait dans ce championnat parallèle (par exemple, peu de clubs disposent de "vrais" entraîneurs diplômés, même si beaucoup ont des joueurs suffisamment expérimentés et pédagogues pour faire l'affaire), mais globalement, ça tourne très bien, et les avantages de jouer en fédé plutôt qu'en Ufolep-FSGT sont extrêmement minces dans le 37, si bien que chez nous, la question, c'est plutôt : "Pourquoi jouer en FFVB ?"... D'autant qu'il est possible de cumuler FFVB + Ufolep/FSGT, et pas mal de joueurs de FFVB du département jouent aussi en Ufolep-FSGT.
Je trouve vraiment dommage que le championnat départemental se fasse ainsi bouffer alors que celui de l'Ufolep-FSGT grandit chaque année, parce que cette croissance prouve qu'il y a du potentiel dans le coin, et les deux championnats devraient en bénéficier. Or le championnat départemental fédéral se trouve être le plus petit du département (il y a aussi un championnat USFEN qui regroupe 15-20 équipes, je crois).
Enfin, pour la petite histoire, le TVB lui-même envisagerait d'engager une ou deux équipes dans le championnat Ufolep-FSGT (peut-être à la place du loisir ?). C'est presque un comble, et surtout l'aveu d'un manque au niveau fédéral. Car cette situation prouve que du côté du fédéral, on n'a pas su répondre aux attentes des "petits" volleyeurs, qui du coup vont voir ailleurs. Et tant que ça restera aussi "fermé", il y a peu de chances que ça change, et les fédérations affinitaires ont de beaux jours devant elles. Par contre, le championnat départemental, lui, risque de disparaître, si ça continue...