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Santé

Tendinites et tendinopathies

Définition

Une tendinite est l'inflammation du tendon. Une ténosynovite associe une tendinite à une inflammation de la synoviale, qui est la gaine qui entoure l'articulation. Les signes accompagnant la tendinite sont la douleur, la rougeur, le gonflement du tendon ainsi que l'augmentation de la chaleur locale.

Le terme "tendinopathie" est plus utilisé par les spécialistes que "tendinite". La terminaison –ite signifie inflammation, or toutes les atteintes ne sont pas de ce type. Du célèbre "tennis-elbow" à la tendinite du tendon d'Achille, nous vous présentons les mécanismes et les traitements de ces ennemis de nos articulations.

Tennis, cyclisme, course, sport de combat...les activités à risque de tendinopathie sont nombreuses. Ces affections toucheraient près d'un tiers des sportifs. Si le coude est l'articulation la plus souvent concernée, ces atteintes du tendon peuvent atteindre l'épaule, le talon d'Achille ou le genou. Selon diverses sources de traumatologie sportive, la SOFCOT estime que les tendinites du genou concerneraient ainsi 23 % des consultations.

Les tendinites

Les principales tendinites sont selon l'articulation touchée :

  • coude : épicondylite et épitrochléite
  • épaule : ténobursite
  • hanche : ténobursite trochantérienne
  • genou :
    • - bursite quadricipale : l'extension du genou est douloureuse
    • - ténobursite de la patte d'oie : la flexion du genou est douloureuse
  • maladie de Pellegrini-Stieda
  • tendinite achilléenne due au port de chaussures trop serrées.

Deux signes sont importants : il existe une douleur à la mobilisation et à la palpation de la région atteinte ainsi qu'une douleur lors de la mobilisation contrariée.

Le traitement nécessite le repos et l'utilisation locale de produits anti-inflammatoires et antalgiques : gel percutané Niflugel , l'éviction du geste responsable ou de la cause des microtraumatismes, la rééducation éventuelle, la physiothérapie.

De l'inflammation tendineuse… à la rupture de tendon

Les tendinopathies recouvrent des pathologies différentes qui traduisent avec un degré de gravité variable une souffrance du tendon, depuis son inflammation jusqu'à sa rupture. Elles ont pour cible le genou, le coude, l'épaule et le pied.

La tendinite simple se caractérise par une inflammation (souvent douloureuse) sans lésion du tendon. Elle le fragilise tout au plus.

Il n'en va pas de même de la rupture du tendon, qui relève de la chirurgie notamment chez le sportif de haut niveau.

L'âge et le surpoids sont autant de facteurs d'usure susceptibles d'aggraver une tendinite et de favoriser ultérieurement une rupture. C'est d'ailleurs parmi la population âgée de 35 ans et plus que l'on observe une recrudescence des tendinites (30 %) comparativement aux 15-24 ans plus exposés aux entorses.

Tendons et ligaments : une structure identique

Imaginez un cordage tendu entre deux os, c'est ainsi que se présente un ligament. De structure identique et composé des mêmes fibres, le tendon bénéficie d'une plus grande élasticité mais d'une moindre solidité. Ceci lui confère à la fois sa plus grande résistance aux traumatismes en vertu de son élasticité mais une plus grande vulnérabilité aux phénomènes d'usure et de sollicitations excessives.

Il arrive que l'on transforme un tendon en ligament lorsque ce dernier n'est plus fonctionnel, au cours d'une autogreffe après rupture du ligament croisé antérieur du genou. Ce processus de ligamentisation que l'on fait subir au tendon repose sur leur structure très voisine. Elle va ainsi se modifier et adapter sa structure à son nouvel environnement et son nouveau rôle.

L'usure, liée à l'avancée en âge, mais aussi à l'hyper utilisation des articulations lors d'activités sportives, va progressivement favoriser l'inflammation du tendon et le passage à la chronicité. A l'inverse des entorses, on observe peu de tendinites d'origine traumatique.

Les ténosynovites

Les ténosynovites s'observent surtout au poignet et à la cheville. Elles se traduisent par des phénomènes acroparesthésiques (fourmillements des doigts et des orteils).

La cause en est le surmenage articulaire, en particulier les microtraumatismes liés à la répétition d'un même geste, et le vieillissement tendineux.

Les ténosynovites rhumatismales touchent surtout les extenseurs des doigts ou les radiaux dans certaines professions exposées (pianistes, dactylo...). Elles s'accompagnent parfois de crépitations. L'évolution est variable.

La ténosynovite chronique sténosante de De Quervain touche le long abducteur et le court extenseur du pouce.

La douleur siège sur la styloïde radiale et peut irradier vers le bord externe de l'avant bras et le pouce. L'extrémité inférieure du radius est tuméfiée. L'évolution est longue et de traitement difficile.

Le doigt à ressort est une entité particulière. C'est une ténosynovite nodulaire des fléchisseurs d'un doigt (pouce ou médius). Le patient signale un ressaut douloureux lors de l'extension d'un doigt fléchi. Ce ressaut gêne le mouvement du doigt. Une nodosité est parfois palpée à la face palmaire de l'articulation métacarpo-phalangienne.

Le traitement repose sur le repos, les antalgiques, les infiltrations locales de dérivés cortisonés, l'électrothérapie et rarement la chirurgie.

Les kystes synoviaux

Les kystes synoviaux sont des petites hernies formées par les franges synoviales qui viennent faire saillie sous la peau qui recouvre les articulations.

Ces hernies sont parfois spontanément réductibles mais peuvent aussi être fixées par une réaction fibreuse.

Le kyste contient quelques gouttes de liquide synovial et peut être le siège d'une inflammation.

La flexion ou l'extension de l'articulation peut mettre en tension la hernie qui devient douloureuse. La palpation peut également réveiller la douleur.

La localisation la plus fréquente est le dos du poignet.

Les kystes de Baker siègent au creux du genou. Ils sont souvent d'origine traumatique, dus à la rupture postérieure de la capsulearticulaire.

Le traitement n'est pas toujours nécessaire. En cas de gêne ou de douleur, il repose sur la ponction à l'aiguille ou l'exérèse chirurgicale.

Un diagnostic le plus souvent aisé

Un médecin compétent n'aura pas de difficulté à diagnostiquer une épicondylite (tendinite du coude) chez un joueur de tennis ou une tendinite du talon d'Achille chez un coureur ou un sauteur. Dans ces deux cas, les tendons se trouvent immédiatement sous la peau. Moins évidente, la tendinite de l'épaule dont sont victimes de nombreux lanceurs de poids ou celle du pied requièrent un plus grand doigté, les tendons ne se trouvant pas à fleur de peau.

Dans tous les cas, le diagnostic repose sur la connaissance du mécanisme incriminé, des circonstances de survenue de la lésion, un test musculaire et éventuellement la mise en évidence d'une tuméfaction.

Le recours éventuel à l'imagerie (échographie, parfois arthroscopie, plus rarement l'imagerie par résonance magnétique) permet de préciser le diagnostic en cas de besoin.

La prise en charge

La prise en charge est double : médicale et fonctionnelle, en cas de traitement conservateur.

Aujourd'hui de moins en moins acceptés par les patients, les traitements au long cours accusés de fragiliser les tendons (corticoïdes et infiltrations) sont prescrits avec une extrême prudence.

Le traitement de base est la mise au repos du membre et l'application de glace. Les anti-inflammatoires par la bouche sont souvent peu efficaces.

La physiothérapie (électrothérapie en particulier) peut abréger la maladie.

En pratique, on est souvent amené à faire des infiltrations de corticoïdes.

L'échec de toutes ces thérapeutiques oblige à immobiliser le membre et donc à plâtrer l'articulation touchée. L'immobilisation peut durer de trois semaines à 1 mois.

En cas de récidives multiples, la chirurgie peut être proposée. Elle offre plusieurs solutions :

  • allongement du muscle
  • désinsertion et mise au repos du muscle et du tendon
  • dénervation pour éliminer la douleur
  • nettoyage-ablation des parties dégénérées
  • peignage du tendon : Le chirurgien pratique des incisions au bistouri le long du tendon, comme s'il le peignait. En cicatrisant, le tendon prend de l'épaisseur et devient moins vulnérable

auteurs : Franky et Cdreek - Synthèse : Missy